Avec LiquidSky, Ian McLoughlin souhaite reprendre le flambeau abandonné par OnLive. Le jeune programmeur est persuadé de pouvoir surmonter les obstacles qui ont conduit OnLive à sa perte, et de pouvoir démocratiser le cloud gaming.

Le CEO de LiquidSky, Ian McLoughlin, est conscient que le streaming de jeu vidéo n’est pas un nouveau concept. Depuis de nombreuses années, diverses entreprises ont promis aux joueurs qu’ils seraient bientôt en mesure de jouer à n’importe quel jeu sur n’importe quel appareil grâce au cloud gaming. Depuis le début des années 2010, on nous affirme qu’il sera bientôt possible de jouer au dernier Fallout ou The Witcher sur une tablette Android ou un vieux MacBook Air. Pourtant, nous attendons encore.

LiquidSky est la dernière entreprise en date à promettre un streaming vidéoludique sans latence. Le principe est simple : jouer à n’importe quel jeu sur n’importe quel appareil Windows, Mac, Android ou Linux. Chaque utilisateur de LiquidSky reçoit un accès à un PC virtuel SkyComputer unique, sur lequel il peut installer n’importe quel jeu en provenance de Battle.net, Origin, Steam ou GOG, etc…

La triste histoire d’OnLive

McLoughlin sait pertinemment que cette promesse peut sembler bien trop belle pour être vraie. En tant que programmeur passionné, il a suivi de près l’histoire turbulente du cloud gaming, et les immenses pertes financières qui y sont liées.

L’exemple le plus célèbre est celui d’OnLive, un service de cloud gaming qui a laissé à ses créateurs une dette de 40 millions de dollars avant de disparaître en 2015. Cependant, LiquidSky ne compte pas se contenter de suivre le modèle d’OnLive et de l’adapter à une nouvelle ère technologique. Le jeune entrepreneur pense savoir quelles erreurs OnLive a commises, et comment éviter de les reproduire.

Traditionnellement, les services de streaming comme Gaikai, Nvidia GeForce Now et OnLive ont utilisé des serveurs customisés pour fournir aux joueurs les ressources informatiques nécessaires. Les entreprises installent des serveurs physiques à des endroits stratégiques dans le monde entier. À mesure que la demande augmente, le nombre de serveurs doit donc augmenter également. Un problème de scalabilité se pose rapidement.

Par exemple, OnLive utilisait un PC desktop pour chaque utilisateur. L’entreprise n’était capable de prendre en charge que deux ou trois joueurs à la fois. Ce modèle n’était donc pas viable, dès le départ. La latence était trop élevée, et le catalogue de jeu trop restreint. En somme, OnLive était bien trop en avance sur son temps.

LiquidSky, un service reposant sur les Data Centers IBM

Pour remédier à ce problème, McLoughlin compte s’appuyer sur une solution logicielle. La firme a lié un partenariat avec IBM pour prendre avantage de la croissance de l’écosystème du cloud public. Ses Data Centers sont ceux d’IBM, ce qui lui permet de s’adapter à la demande en temps à un coût relativement bas.

Par exemple, 40 000 personnes ont récemment tenté d’accéder simultanément à Liquid Sky depuis la Turquie, et le serveur cloud IBM le plus proche a réussi à prendre en charge la demande. La firme savait qu’elle ne serait pas en mesure de prendre en charge la demande avec ses propres Data Centers, mais que les progrès réalisés dans le domaine du cloud public depuis 10 ans permettent d’exploiter la puissance proposée par Amazon, IBM ou Microsoft Azure.

Le streaming est désormais monnaie courante

En dehors des progrès effectués dans le domaine du Cloud Computing, l’industrie du streaming a elle aussi beaucoup évolué au cours des dernières années. Les services comme Netflix et YouTube ont transformé en profondeur la façon dont les gens consomment du contenu au quotidien. Le streaming est désormais monnaie courante, et les fournisseurs de service ont dû améliorer leurs systèmes pour répondre à la demande.

La grande disponibilité des clouds publics, et les vitesses de téléchargement fortement accrues dans les foyers, forment un terreau fertile pour permettre à des services comme LiquidSky de prendre racine. Par ailleurs, McLoughlin a trouvé un moyen de proposer un accès gratuit à LiquidSky, chose que PlayStation Now ou GeForce Now ne proposent pas.

Pour McLoughlin, 2017 sera l’année du cloud gaming. Il semble que l’infrastructure technologique mondiale soit enfin prête à prendre en charge le streaming vidéoludique de haute qualité et sans latence. De plus, LiquidSky est financé par de grands noms comme Samsung ou Scott McNealy, le cofondateur de Sun Microsystems. Le jeune entrepreneur est parvenu à s’attirer les faveurs de ces investisseurs en prouvant que LiquidSky peut fonctionner dans le monde réel.

Un service testé sur 1,2 million d’appareils différents

Au cours des deux dernières années, il a testé son service sur près de 1,2 million d’appareils, allant du smartphone Android au PC gaming. Or, il s’agit là de l’un des principaux problèmes dans l’industrie du streaming pour PC. De nombreux appareils sont confrontés à des bugs individuels.

Lorsqu’un développeur crée un jeu pour Xbox One ou PS4, il sait précisément les caractéristiques techniques de chaque console, et peut donc concevoir son logiciel sur mesure. Ce n’est pas le cas pour un jeu PC. Chaque configuration est unique, et peut produire des glitches uniques. Même le laptop MSI personnel de McLoughlin plante quand il essaye de lancer Battlefield 1 sur son SkyComputer, alors même que ce PC est en mesure de faire tourner le jeu.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la bêta de LiquidSky s’est prolongée pendant 2 ans. À la fin du mois de février 2017, le service sera finalement disponible en version publique et le véritable cloud streaming pourra commencer.

Ian McLoughlin souhaite démocratiser le cloud computing

Si tout se passe bien, LiquidSky ne se limitera pas au monde du jeu vidéo. McLoughlin rêve d’unifier l’industrie de la technologie au travers du cloud computing. De la même façon qu’il souhaite que Windows, Mac, Linux et Android fassent tourner les jeux de la même manière, il souhaite faire du cross-platforme un standard dans toutes les industries.

La firme souhaite créer une interface simple, au sein de laquelle il suffit de cliquer sur un icône pour lancer un logiciel. Peu importe que ce logiciel soit conçu pour Android, Windows, Linux ou pour une Smart TV. Par ailleurs, elle souhaite qu’il soit possible d’accéder à ce logiciel depuis n’importe quel appareil, en se connectant simplement à un SkyComputer. C’est l’évolution que LiquidSky envisage pour le futur.

Charles & Sonia

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